Suite à un commentaite de Ptite Fab du blog « L’âge de classe 2 », je vais essayer d’expliciter ma démarche d’étude de texte.

Je tiens à préciser tout de suite que ce n’est sans doute pas un modèle et que je suis ouverte à toute remarque qui pourrait faire avancer ma pratique.

des albums de littérature de jeunesse

Tout d’abord, je pars d’albums de littérature de jeunesse « de qualité »: pas de textes simplifiés voire simplistes pour que les élèves puissent tout décoder. L’apprentissage du code est un versant à part de ma pratique que je travaille quotidiennement avec les fiches et exercices de sons. Il y a donc toujours deux heures (environ) de lecture chaque jour: l’une pour la compréhension, l’autre pour la combinatoire. Pour le 1er trimestre, j’ai adapté les textes des albums car le texte est trop dense pour être lu mais nous étudions le texte original que je leur lis en lecture offerte.

J’ai choisi dans l’ordre de l’année: Tibili ou le petit garçon qui ne voulait pas aller à l’école, l’oiseau de Noël, Biscotte et Compote, le voleur de petit déjeuner et les trois brigands. J’étudie donc un album par période en sachant qu’à la fin de la période, je consacre une semaine à un autre type de texte: une recette, un texte documentaire,…

développer des compétences de compréhension

A partir de l’étude d’albums, je cherche donc à développer chez mes élèves des compétences touchant à la compréhension du texte, à la reconnaissance de mots-outils, à l’émission d’hypothèses quant à un mot en s’appuyant sur le contexte de la phrase et en vérifiant grâce aux lettres du mots (ex.: Tibili trouve que c’est… proposition des élèves « ennuyeux », cela va dans le contexte donc nous vérifions si les lettres correspondent. Ce n’est pas le cas. Je cache alors le début du mot pour ne faire apparaître que le « fa ». Un élève propose alors « facile » mais cela ne va pas dans le contexte. Je relis alors la phrase jusqu’au « fa » et les élèves trouvent « fatiguant ». On fait alors une dernière vérification en regardant les lettres et on valide.)

Organisation de la semaine

La semaine s’organise de la manière suivante:

lundi: découverte de la phrase surprise qui parle du texte que l’on va étudier au cours de la semaine. Je laisse les élèves se dépatouiller seuls. Ils viennent me chuchoter à l’oreille ce qu’ils ont trouvé. Ce sont des phrases assez simples permettant d’introduire des mots nouveaux qui seront vu pendant la semaine (Tibili est un petit garçon qui a six ans / Tibili aime faire du vélo). Cela me permet de voir les élèves qui commencent vraiment à bien se débrouiller, ceux qui s’appuie que sur le décodage et donc viennent me dire des choses qui n’ont pas de sens, ceux quine s’appuie que sur le sens sans vérifier avec les mots.

En lecture offerte, je leur lis le passage correspondant au texte de la semaine et je leur pose des questions de compréhension, leur fais émettre des hypothèses quant à la suite…

mardi: découverte du texte collectivement. En amont, j’ai préparé l’affiche avec les mots-outils en rouge, des mots du texte illustrés sont soulignés, je sais quels mots je vais leur donner directement pour alléger la tâche et quels mots nous allons essayer de trouver grâce au sens et aux lettres (cf. plus haut).

En début d’année, je le fais de manière collective avec tout le monde. Les faibles souvent ne captent pas grand chose. Après cette partie collective (pas plus de 5 à 7 min.), je lance mes bons élèves dans la fiche d’exercices et je prends au fond de la classe mes 6 élèves en difficulté. Je leur distribue alors le texte adapté et chacun lit à tour de rôle en montrant bien les mots avec le doigt. Je leur montre les mots illustrés qui sont plus bas (cela dure une dizaine de minutes). Je renvoie ce groupe à sa place avec un tout petit exercice du type entourer les mots du texte ou colorier l’image qui raconte l’histoire. Je passe alors dans les rangs des bons lecteurs et je les aide, je reprends certaines erreurs avec eux (5 min.).

Je finis à nouveau par une partie collective: nous relisons le texte sur le support individuel quand je dis « stop » les élèves me montrent le dernier mot lu. Puis on joue à la pêche aux mots: je lis un mot les élèves doivent le pêcher (= me le montrer avec le doigt).

jeudi: relecture du texte pour le remettre en mémoire. Mon groupe de faibles lecteurs se lancent dans la fiche d’exercices que les autres ont faite mardi. Avec les bons lecteurs, je lis de nouvelles phrases construites à l’aide des mots du texte (c’est l’encadré B du texte) puis je les lance dans la deuxième fiche d’exercices. Je rassemble alors à l’arrière mes faibles lecteurs avec qui je reprends le texte et les exercices.

vendredi: je profite de la présence de la maîtresse E pour leur faire écrire des phrases avec les étiquettes du texte. Il s’agit de leur faire mémoriser les mots-outils et quelques mots étudiés qui servent de support. Les élèves essaient de recopier sur leur ardoise la phrase dictée: cela permet d’apprendre à passer de script en cursive et à séparer les mots.

Après Noël

Cette organisation dure jusqu’à Noël quand j’aurai mon premier groupe de bons lecteurs qui se débrouillera seul. Je précise que je suis dans un quartier assez défavorisé et que nous avons fait le choix de mettre les bons élèves dans la classe de CP / CE1 ce qui a pour conséquences que mes élèves bons sont en fait des élèves moyens. Je n’ai aucun élève qui déchiffre déjà.

A partir de Noël, je ne fais plus la découverte du texte en collectif. Je commence par une émission d’hypothèses sur ce que le texte peut bien dire à partir des illustrations et de l’épisode précédent puis je laisse mes bons lecteurs se débrouiller pour lire seul et faire un exercice simple de compréhension. Pendant ce temps, je prends mes élèves faibles devant au tableau et nous faisons la découverte du texte ensemble.

Je reprends ensuite le groupe classe en entier pour lire le texte et faire la pêche aux mots.

Pour voir des exemples d’exercices donnés aux bons élèves en autonomie, vous pouvez aller voir de ce côté-là:

Pour voir les adaptations des textes pour les élèves en difficulté:

Je finirais en rappelant qu’il s’agit-là d’une manière de faire et que je serais heureuse de répondre à vos questions ou de prendre en compte vos remarques!

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