Comme le thème choisi pour mon blog peut vous en donner l’indice, j’aime beaucoup le Japon.

Personnellement, je lis beaucoup de littérature japonaise (ancienne et moderne). J’en profite ici pour faire une petite parenthèse car nous ne sommes pas que des instit’ … Donc si pour cette fin d’été, vous avez envie de vous plonger dans un livre qui vous transportera dans un autre monde, qui vous fera jubiler de plaisir tant par l’écriture que par l’histoire, courez chez votre libraire préféré et demandez lui « Kafka sur le rivage » de Murakami. Une vraie révélation pour moi, si j’osais j’y apposerais même la mention « Satisfait ou remboursé ».

Mais revenons à l’objet premier de cet article: le Japon au CM.

Ce réseau de lecture date de ma première année d’enseignement, autant dire que quand j’ai rouvert le dossier sur mon ordi, j’ai poussé de hauts cris en voyant la qualité des questionnaires de lecture (tant pour la présentation que pour le contenu!!!). Je me rassure en me disant qu’avec quatre niveaux, je n’avais pas le temps de peaufiner…

C’est un long préambule pour vous présenter ici une bibliographie destinée au CM:

  • Tout d’abord, trois tapuscrits:

Fleur-des-neiges est une jeune fille japonaise qui rêve de devenir écrivain publique. Après plusieurs années d’apprentissage auprès de Matsuo Seki, elle voit arriver dans son petit atelier l’homme qu’elle aime en secret. Celui-ci ne lui demande rien d’autre qu’une lettre d’amour pour la femme qu’il veut épouser. Folle de douleur, Fleur-des-neiges écrit pour cette autre femme la plus belle lettre qu’elle n’ait jamais écrite.

Les années passent et il ne reste que de l’amertume dans son cœur d’écrivain même si cette lettre lui a apporté la célébrité. Cette renommée est arrivée jusqu’aux oreilles du prince qui décide de lui demander la plus belle lettre d’amour pour sa future fiancée. Comment écrire quand on a l’impression que son cœur est comme desséché?

C’est une magnifique histoire qui permet de rentrer dans la culture japonaise (vocabulaire, calligraphie, haïkus, …)

Fleur des neiges1

Comme l’indique le titre de la collection, il s’agit d’un petit conte philosophique qui met en scène Sesshu, un moine bouddhiste peintre japonais qui a vécu au Japon au 15ème siècle.

Un guerrier cruel et impatient commande au peintre Sesshu le tableau d’un cheval. Celui-ci accepte à la condition que le guerrier lui laisse un délai d’un an et mille ryos. Furieux, le guerrier accepte car il n’y a de meilleur peintre au Japon que celui-ci. L’année passe, le guerrier se bat et gagne des terres mais pendant ce temps, Sesshu n’a pas peint le tableau demandé. Hors de lui, le guerrier accepte de laisser à nouveau une année et mille ryos au peintre pour réaliser l’œuvre. L’année passe, le guerrier devient shogun mais pendant ce temps, Sesshu n’a pas peint le tableau demandé. Fou de rage, le nouveau shogun lui laisse une nouvelle année supplémentaire et mille ryos. L’année passe, le guerrier tue des milliers d’innocents car il s’ennuie mais Sesshu n’a toujours pas peint le tableau demandé…

Toute la philosophie de ce conte se trouve résumé dans cette phrase: « Pour détruire, il ne faut que le temps d’un soupir mais pour créer, il faut une longue patience. »

LE PEINTRE ET LE GUERRIER texte et images

Ce texte peut être mis en réseau avec un conte coréen écrit par Ré et Philippe Soupault « Dragon bleu et dragon jaune » où l’empereur souhaite faire orner son paravent par le plus grand peintre du pays. Le peintre va apprendre à l’empereur la patience…

un tapuscrit trouvé sur le net: ICI

  • différents albums

On commence par un classique de François PLACE « Le vieux fou de dessin » qui met en scène un dessinateur d’estampe et inventeur des mangas bien connu des initiés: Hokusaï. Tojiro, 9 ans, vendeur de gâteaux de riz, fait la rencontre d’un vieillard bien excentrique: le vieux fou de dessin. Mais le petit garçon ne rêve que d’une chose: devenir samouraï. Au contact du dessinateur et d’un dessin représentant un lion-dragon porte-bonheur, Tojiro se prend de passion pour ce métier exigeant de dessinateur d’estampes.

Des personnages attachants et une véritable leçon (sans en avoir l’air) sur la fabrication d’estampes, cet album long (voire roman) suscite l’enthousiasme chez les élèves.


Le garçon et la grue est un conte assez court facilement accessible. Il permet d’aborder la mythologie japonaise ( la grue, symbole de pureté et de chance) et la culture japonaise.

Un jeune homme charbonnier et  pauvre libère une grue pris dans le piège d’un braconnier. Le lendemain, une jeune fille d’une beauté sans pareil se présente chez le jeune homme et lui demande de l’épouser. Le jeune couple vit heureux dans la petite maison de montagne du charbonnier; quand ils viennent à manquer d’argent, la jeune femme s’enferme et brode des tissus magnifiques qu’elle revend. Pendant cet ouvrage, elle demande à ne pas être dérangée et en ressort toujours fatiguée et amaigrit. Mais son mari insiste pour qu’elle brode d’autres étoffes pour s’enrichir et aller vivre à la ville…

Hatchiko, chien de Tokyo est une histoire vraie à l’origine d’une statue aussi célèbre au Japon que la Tour Eiffel en France.

Dans les années 1920, tous les jours, le chien Hatchiko attend son maître sur le quai de la gare. Puis ensemble, il marche jusqu’à la maison. Mais un soir, le maître d’Hatchiko ne rentre pas. Il est mort.Pendant dix ans, Hatchiko continuera à attendre fidèlement sur le quai.

Le kimono blanc est un album sur le décès. Il faut savoir qu’au Japon le blanc est la couleur du deuil. Keiko suit les traditions de son Aïeule et se rend avec elle tous les ans cueillir les plantes médicinales sur les pentes enneigées du Fujisan. Mais un jour, l’Aïeule revêt son kimono blanc … Un bel album dépouillé et très juste sur un thème très sensible…

Origami est aussi tiré d’une histoire vraie qui se situe au Japon après la catastrophe d’Hiroshima. Sadako est une petite fille atteinte de la maladie de la bombe A. Elle se raccroche à la tradition qui veut que si l’on plie mille grues en papier, un vœu sera exaucé, pour Sadako ce sera celui de guérir. Un album très triste mais qui permet de toucher du doigt l’ampleur de la catastrophe d’Hiroshima.

Une autre version de cette histoire existe: Les mille oiseaux de Sadako, d’Eleanor Coerr

La brodeuse est un album magnifique qui peut être mis en réseau avec « Le garçon et la grue ». Setsuko est une jeune brodeuse qui se désole de ne réussir à rendre la vie aux motifs des kimonos qu’elle confectionne. Un jour, elle entend auprès d’un kamishibaï la légende des fileuses maudites dont le fil d’or brode tout seul sous le chant de leurs mélopées. Aussitôt, elle demande au vieil homme qui raconte les histoires de l’emmener avec lui pour trouver ce fil d’or. Un soir, surpris par la pluie d’orage, le vieil homme et Setsuko entre dans une demeure qui appartient à une femme aux vêtements somptueux brodés de motifs que l’on croirait vivants.

Ce conte est merveilleusement mis en mots par Françoise Richard et les illustrations, inspirés des estampes japonaises, sont de vraies chefs-d’oeuvres. Il permet aussi d’introduire le kamishibaï (petit théâtre d’images  japonais qu’utilisaient les vendeurs de bonbons pour attirer les enfants)

Le guerrier et le sage est un album à saluer tout d’abord pour la qualité de ses illustrations: les silhouettes sont découpées dans du papier noir puis posées sur un décor confectionné de la même manière avec du papier coloré. A la manière des estampes, où il faut autant de planches de bois gravées que de couleurs souhaitées, ici il faut autant de papiers découpés que de couleurs et de plans. Le rendu est magnifique, un travail d’orfèvre.

Mais la qualité du conte n’est pas en reste. Deux frères jumeaux s’opposent en tout:  l’un est courageux et impitoyable, l’autre doux et sage. Pour savoir qui lui succèdera, l’empereur lance pour défi à ses fils de lui ramener les cinq éléments éternels, gardés chacun par un démon monstrueux et son armée. Cette histoire met en scène le contraste entre deux approches opposées pour résoudre le même problème.

Pour exploiter cet album, un lien très complet: ICI

  • Ce n’est qu’un petit échantillon de tout ce que nous offre la littérature de jeunesse sur le Japon. Je vous joins donc un document avec une bibliographie plus complète (poésie, album, roman, documentaire, CD …)

BIBLIOGRAPHIE sur LE JAPON

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